Les occasions manquées se ramassent à la peine pour l'équipe de France. Le résultat se mesure à la gestion des points importants et les Américaines se sont montrées beaucoup plus opportunistes. Arrivées avec une confiance sur courant alternatif, les Bleues n'ont jamais su ou pu faire basculer la rencontre. Le match de Julie Coin, remplaçante d'Alizé Cornet en détresse ce week-end, illustre la rencontre avec une défaite (7-6 [3], 6-4) contre Melanie Oudin. Trois matches, trois défaites, zéro set gagné et un barrage délicat à l'horizon... Quand on voit Nathalie Dechy, honorée avant le match, et Amélie Mauresmo, encourager ses copines, dans les tribunes, une petite nostalgie pointe...
Avec sa franchise habituelle, l'Amiénoise résume bien le goût aigre-doux de ce baptême du feu face à Melanie Oudin : «Ce n'était pas loin, mais trop loin pour que je gagne. J'ai tout donné, mais j'ai un peu la rage sur quelques points. J'ai commis quelques fautes et j'ai envie de me mettre des claques » Si la rage est légitime, les claques sont bien injustes. Julie Coin a réalisé un bon match. Pour sa première rencontre de Fed Cup, elle n'a pas tremblé et son début de match montre son tempérament et son expérience de joueuse universitaire... américaine. En deux jeux de service, elle signe cinq aces et après 26 minutes, elle se détache 4-2. Mais la jeune Américaine possède un tempérament... d'Américaine où le doute n'est pas vraiment culturel.
A 4-3, la Tricolore débute son engagement par une double faute, s'acclimate mal aux balles neuves et claque moins de premières balles. La sanction est immédiate : débreak sur un bon retour suivi d'un coup droit gagnant. «Je n'ai pas fait un très bon jeu, je n'ai pas passé assez de premières balles et elle s'est engouffrée. Cela lui a donné un peu de confiance et elle s'est mise à mieux retourner, analyse Julie Coin. Si je ne servais pas une grosse première bien placée, je me prenais un retour et je démarrais le point sur la défensive.» Quand elle ne dicte pas le jeu, la Française fait moins mal et l'Américaine se régale. Avec sa longueur de balles et son audace, elle ne cède jamais. Menée trois points à deux au tie-break après une double faute, Melanie Oudin enchaîne cinq points pour gagner le premier set. Dans la deuxième manche, elle ne tremble pas pour conclure avec trois coups droits gagnants.
La tête dans sa serviette, Julie Coin cache sa détresse. Ses coéquipières viennent la réconforter les unes après les autres. La déception est là, mais elle n'a vraiment pas à rougir. Elle a honoré au sens propre sa première sélection et quand on lui parle des absentes, Marion Bartoli, Aravane Rezaï ou Virginie Razzano, elle répond avec sincérité : «C'est dommage car ce sont trois bonnes joueuses. Si elles jouaient la Fed Cup, ce serait peut-être un peu plus facile pour nous. On nous envoie un peu au charbon, on est prêtes à tout pour essayer de faire gagner l'équipe mais on n'est peut-être pas assez fortes. On est moins bien classées et on nous demande de faire des perfs. Ce n'est pas évident. Mais on ne peut pas les pousser à jouer si elles n'ont pas envie.» Elles ne sont pas les plus fortes, mais elles sont là, bien présentes et elles ont essayé. «On peut réussir à vivre sans notre coach, on est assez grandes. Cela peut aussi nous faire du bien d'entendre un autre discours, c'est sympa, explique Julie Coin sans vouloir polémiquer. Ce n'est pas parce qu'on fait quelque chose de différent pendant une semaine que cela va détraquer notre jeu.»
Sophie DORGAN, à Liévin

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