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    Boxe 
Par Bertrand PERTUIS  Felix Savon, un amateur de légende 

Felix Savon a annoncé sa décision de prendre sa retraite. A bientôt 34 ans, le poids lourd cubain est entré dans la légende de la boxe avec trois titres olympiques et six titres mondiaux. Sa reconversion se fera loin des sirènes du professionnalisme, au sein de l'équipe technique cubaine.




Felix Savon, une dernière fois sous les feux de la rampe. (Photo AFP)

Catégorie : Lourds (91kgs)
Pays : Cuba
Né le 22 septembre 1967 à San Vicente
Taille : 1m 94
Champion Olympique : 1992 (barcelone), 1996 (Atlanta)
Champion du monde : 1986,89,91,93,95,97
Medaille d'argent : Houston, 1999
Médaille d'or : Jeux Panaméricains, 1991




Son deuxième sacre olympique, Atlanta en 1996. (Photo L'Equipe)


 Pur Produit du système cubain

Felix Savon collectionne titres et médailles olympiques depuis plus de Quinze ans : six titres mondiaux, deux titres olympiques 1992 et 1996, et une quinzaine de titres nationaux.Une carte de visite impressionnante qui aurait pu s'enrichir davantage sans le boycottage par Cuba des JO de Séoul en 1988. Né à San Vicente, une région de la province de Guantanamo, Felix n'a pas encore dix ans lorsqu' il intègre la prestigieuse école de boxe cubaine. Une école de la vie d'ou sortent majors les futurs stars du ring.

Doué d'une allonge remarquable et d'un gros bagage technique, le boxeur cubain ne tarde pas à faire parler de lui. Dès 19 ans, il décroche son premier titre mondial en 1986. Simple, travailleur, et... patriote, Fidel Castro tient là son porte drapeau. Véritable vitrine pour le régime castriste, la star cubaine incarne à merveille les valeurs du sport cubain : amateurisme et patriotisme. Et Castro ne manque une occasion de chouchouter Felix.

En guise de récompense pour l'or olympique, une maison et une voiture offerte par le régime. Privilège rarissime pour un Cubain. A l'origine de cette réussite, un homme : Alsidez Sagar. A la tête de l'équipe de boxe cubaine depuis les années 60, cet entraîneur a découvert et faconné plusieurs champions : Teofilo Stevenson, Hernandez... et Felix Savon. "Tout le monde veut savoir quelle est le secret de notre réussite. Nos boxeurs s'entraînent dix heures par jour et défendent fièrement les couleurs du pays." lance t-il en souriant.

Son de cloche légèrement different chez Dominique Nato, l'entraîneur de l'équipe de France de boxe : "notre collectif à nous, est toujours décimé apres l'échéance olympique. On est obligé de reconstruire un groupe compétitif tous les quatre ans. Nos boxeurs passent professionnels pour la plupart. A Cuba, le professionnalisme a été aboli. Ils peuvent conserver leurs boxeurs et effectuer un travail de fond" explique t-il.

A l'image de Teofilo Stevenson qui avait refusé d'affronter le mythique Mohammed Ali, Savon n'a jamais céder à l'appel des sirènes du professionnalisme. Pas même les dix millions de dollars qu'il aurait pu empocher juste après les Jeux d'Atlanta pour affronter un certain... Mike Tyson. A Sydney, le Cubain a bien entendu remporté sa troisième médaille d'or olympique. Qui aurait pu l'en empêcher tant sa boxe était surpuissante. A bientôt 34 ans, barré par les réglements de la Fédération internationale de boxe amateur, Savon raccroche les gants. Mais il ne pourra pas quitter les rings de sa vie. Un poste d'entraîneur national lui tend désormais les bras.

En quart de finale des Jeux de Sydney, le Cubain (casque rouge) surclasse Michael Bennett, le grand rival américain. (photo AFP)






 
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