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|  |  |  |  |  | du 4 février
2000
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Marie-José Pérec travaille
désormais en collaboration avec Marita Koch (L'Equipe)
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Pérec a découvert à Rostock
des conditions d'entraînement
totalement différentes (L'Equipe)
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«Marie-José, d'abord,
pourquoi avez-vous pris la décision de
quitter le groupe de John Smith à Los
Angeles ?
| - Je
m'entendais très bien avec John, mais il
s'occupe maintenant d'une quinzaine
d'athlètes dans le groupe et il
n'avait plus assez de temps à me consacrer.
Au point où j'en suis et compte tenu de mon
objectif, j'ai besoin que l'on
s'occupe beaucoup plus de moi. John a
tellement les 9''50 au 100 m en tête
que tout le reste passe forcément au second
plan.
|
Vous parlez de votre
objectif, c'est quoi exactement ?
| Une
troisième fois... (Elle sourit comme à
l'évocation d'un rêve.)
|
Un troisième titre olympique
d'affilée sur 400 m ?
| Eh oui
!... Ce serait trop génial, non ? Il faut
absolument que j'essaye. Le 400 m de
Sydney, ce sera la course de ma vie, alors il
faut que je me donne tous les moyens d'y
parvenir.
|
| | « Il a fait courir une
femme en moins de 48'' » |
|
Franchement, vous en sentez-vous capable ?
| J'en
ai envie, ça c'est sûr ! Ensuite, on verra
ce que mon corps a envie de donner, lui. Mais je
me sens en pleine forme et, maintenant, dans ma
tête tout est clair.
|
Maintenant que vous avez
choisi un nouvel entraîneur ?
| Oui, je
sais que c'est une histoire qui va paraître
surprenante à beaucoup, mais j'ai choisi
d'aller m'entraîner jusqu'aux
Jeux à Rostock, en Allemagne, avec Wolfgang
Meier, l'ex-entraîneur de Marita Koch.
|
D'ou vous est venue
cette idée ?
| Un peu de
vous ! (Elle rigole.) Vous vous souvenez que
L'Équipe Magazine avait organisé une
rencontre entre Marita Koch et moi, à
l'automne 1992, après les Jeux de Barcelone
et de mes déclarations, pas très sympas, sur
elle. Elle était venue à Paris avec Wolfgang
Meier, qui avait été son coach et qui était
devenu son mari, et on avait beaucoup discuté
tous les trois. Je m'en suis souvenue il y
a quelques semaines, quand je me suis dit
qu'il fallait que je trouve quelqu'un
de nouveau pour s'occuper de moi et
préparer les Jeux. Parce que lui, il a fait
courir une femme en moins de 48'' et
cela, c'est une vraie référence !
|
Oui, mais il n'entraîne
plus personne depuis plus de dix ans.
| Je sais,
mais il n'a pas oublié ce qu'est le
400 m. Il la connaît vraiment, cette course...
Puis il a envie, lui aussi.
|
Comment vous a-t-il accueilli
? Il a quand même dû être surpris par votre
démarche...
| En fait, pas tant que
cela et, quand je lui ai téléphoné il y a
quelques jours, il m'a dit que justement,
une semaine avant, en classant des vieilles
photos il était tombé sur des images de moi et
qu'ils s'étaient demandés avec Marita
ce que je devenais... Tout de suite, il m'a
dit que ça l'intéressait. Ensuite, je suis
allé le voir à Rostock. On a discuté et on
s'est mis d'accord pour tenter
l'expérience.
|
Il vous croit capable de
gagner à Sydney ?
| Il dit
qu'on ne peut pas savoir aujourd'hui
mais qu'il faut tenter le coup.
|
| | « Je suis volontaire pour
le programme de contrôle de la Fédé » |
|
Avez-vous pensé à d'autres solutions
que Meier ?
| Oui,
j'ai fait le tour des possibilités et
j'ai aussi pris pas mal de conseils, mais
c'est vraiment la solution qui me paraît la
meilleure.
| Et non
pas la dernière idée saugrenue d'une
athlète désespérée qui ne sait plus vers qui
se tourner ?
| Je ne
suis pas désespérée du tout, au contraire !
Surtout, je veux mettre tous les atouts de mon
côté pour obtenir le meilleur résultat à Sydney.
|
Quitte à s'installer
dans la froideur de Rostock ?
| Mais
l'objectif est si fort que quelques mois à
y consacrer ce n'est pas grand-chose.
Offrir six mois de sa vie à ce qu'on aime
le plus, ça n'est pas un sacrifice, non ?
|
Comment allez-vous
communiquer avec Meier, qui ne parle quasi que
|
l'allemand ?
| À ma
première visite à Rostock, hormis un logement
qu'ils m'ont tout de suite trouvé, je
me suis déjà inscrite à des cours
d'allemand. Mais de toute façon on va se
comprendre, n'ayez crainteÂ…
|
Et vos déclarations de 1992
sur Marita et les athlètes " non
propres " de l'ex-RDA, en
avez-vous reparlé ?
| Pas
encore, mais je sais qu'il faudra
qu'on en parle... et que je lui dirai que
parfois on peut changer d'avis, surtout
qu'avec l'âge et l'expérience on
se rend mieux compte de certaines choses... Oui,
oui, on s'en parlera.
|
Et la réputation des
entraîneurs de l'ex-RDA, avec tout ce
que cela comporte de dopage supposé, ne vous
fait-elle pas peur ?
| J'y
ai songé et je sais que certains ne vont penser
qu'à cela. Mais ce qui compte surtout,
c'est qu'aujourd'hui je tiens à
affirmer que je suis totalement volontaire pour
suivre intégralement le programme de contrôle
longitudinal de la Fédération française.
J'ai déjà passé une première batterie de
tests et je dois en passer d'autres tous
les trois mois. Et s'il faut que je vienne
tous les deux mois ou tous les mois, je
viendrai. Et si des tests inopinés doivent être
faits en plus là-bas, tant mieux !
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Et Marita, va-t-elle vous
aider ?
| Sûrement
! Le 400 m, c'est une épreuve de vitesse
mais aussi une course tactique, on a des trucs à
se dire là-dessus toutes les deux. Elle la
connaît cette course, et en plus elle l'a
courue plus vite que tout le monde !»
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