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    Golden League - Zürich 
Louis DOUCET  Boulami au sommet 

Le retour de la Golden League a été fatal à Maurice Greene, 5e du 100m remporté par Tim Montgomery. Le meeting de Zürich a surtout accouché d'un nouveau record du monde du 3000 m steeple pour Brahim Boulami (7'53''17) et d'une superbe performance d'Hicham El Guerrouj sur 1500 m (3'26''89). Les Français, avec Hurtis et Diagana, ont manqué le rendez-vous du Letzigrund.



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> Technique et performance : le 100 mètres
> Retour sur les championnats d'Europe de Munich


Tim Montgomery (Photo L'Equipe)





Marion Jones (Photo Reuters)


Stéphane Diagana et Felix Sanchez (Photo L'Equipe)






Brahim Boulami (Photo Reuters)

Hicham El Guerrouj (Photo L'Equipe)



Maurice Greene n'est plus tout seul. Le frémissemement déjà entrevu l'année dernière sur le 100 mètres, qui avait trouvé son prolongement en début de saison avec les deux victoires consécutives de Dwain Chambers contre l'homme le plus rapide du monde, s'est confirmé à Zürich. Cette fois-ci, le protégé de John Smith ne peut plus invoquer le fameux décalage horaire qui l'avait indisposé à Oslo, puisqu'il a atterri en Suisse dimanche. Ni le froid et la pluie qui avaient peut-être aidé Chambers à Sheffield. Non, dans le stade qui forge les légendes, mais qui peut aussi les briser, Greene ne peut que s'incliner devant la densité de la concurrence qui le menace.

Force est de constater qu'il ne peut s'agir d'un vulgaire coup d'éclat sans lendemain, puisque non seulement Tim Montgomery, deuxième performeur de l'histoire du 100 m (9''84), mais aussi Coby Miller, Dwain Chambers, le récent champion d'Europe en 9''96 et Kim Collins, champion du Commonwealth, ont tous surclassé un laborieux « Pitbull », 5e en 10''10. La soirée était déjà mal engagée pour le triple champion du monde, qui aurait dû sentir venir la rebellion après avoir terminé troisième de sa série derrière Fredericks (10''06) et Miller (10''07). Surtout que dans l'autre série, Montgomery avait déjà commencé son festival en s'imposant en 9''93 devant Chambers (9''94, record personnel).

Mais la réaction attendue n'a pas eu lieu. Inerte à la sortie des starting-blocks, Greene n'a pas non plus rétabli la situation comme il en a l'habitude par sa maîtrise de la deuxième partie de course. Montgomery (9''98), seul à passer sous les dix secondes comme la saison dernière (à l'époque, Greene se remettait de sa blessure d'Edmonton), reprend son costume de prétendant numéro un à la succession. S'il ne marque pas forcément un tournant dans l'histoire de la distance, le 100 m de Zürich 2002 pourrait peut-être décomplexer et libérer les poursuivants de l'emprise psychologique de Maurice Greene. Ce qui serait déjà un grand pas vers la porte de sortie.

 Jones toujours à l'abri

Son alter-ego féminine, Marion Jones, semble peu perturbée par ses dauphines. Tout au moins jusqu'à la semaine prochaine, puisqu'elle devrait enfin affronter Zhanna Pintusevich au meeting de Londres. Le danger ne devrait en tout cas pas venir des sprinteuses présentes en Suisse, même si Chryste Gaines (10''95) a réussi pour la première fois de la saison à subtiliser la 2e place à la Jamaïcaine Tayna Lawrence. En 10''88, « Little Marion » a aussi nettement devancé Mureil Hurtis, 5e, qui étrenne son double titre de championne d'Europe par un 11''14 plutôt satisfaisant compte tenu de son départ catastrophique.

Si Jones n'avait peut-être pas d'appréhension en ce qui concerne la course au jackpot, Felix Sanchez avait largement exprimé ses craintes après avoir suivi la prestation munichoise de Stéphane Diagana. Après cet excès de modestie ou de politesse envers celui qu'il considère comme un monument du 400 m haies, le Dominicain a rétabli sur la piste la hiérarchie en place depuis l'année dernière, en y ajoutant encore un épisode. Déjà auteur à Zürich 2001 de sa meilleure course, « Super Felix » avait jusqu'alors stoppé sa progression à 47''38. Un an plus tard, il domine non seulement la course de bout en bout, mais passe aussi avec un chrono de 47''35 pour la première fois en dessous du temps de référence de Stéphane Diagana (4e), qui reste tout de même le record d'Europe (47''37).

Autre satisfaction pour Sanchez, le nombre de postulants au jackpot de fin de saison se réduit. Bien qu'Ana Guevara continue de survoler le tour de piste en améliorant à chaque course le record du Mexique du 400 m (49''16), Gail Devers a échoué lors de cette cinquième étape, battue à la fois par l'Espagnole et championne d'Europe Glory Alozie (12''63) et Brigitte Foster (12''71).

 En rouge et vert

Pour le reste, la soirée a été animée par deux illustres Marocains des pistes qui continuent d'asseoir leur domination sur leurs disciplines respectives. Brahim Boulami est presque à lui seul le bourreau de toute un dynastie kenyane de coureurs de 3000 m steeple, depuis son record du monde établi à Bruxelles l'année dernière. Même s'il avait raté le coche des Mondiaux d'Edmonton (10e), Boulami avait frappé un grand coup en portant la marque à 7'55''28. Le fondeur aux petites lunettes rondes qui lui valent le surnom « d'intello des stades » avait ensuite lancé un avertissement au dernier Golden League en remportant la course la plus rapide de l'année (7'58''09). Un mois plus tard, il améliore son record du monde de près de deux secondes, sur la piste où Moses Kiptanui avait pour la première fois de l'histoire franchi la barre des huit minutes en 1995. Et qui plus est avec une asssurance et une marge impressionnantes. Alors que le peloton semblait engagé sur des bases "raisonnables", Boulami a couru seul pendant plus d'un kilomètre avant de couper la ligne en 7'53''17... loin, loin devant Stephen Cherono (8'05''14). Ecarté de ce débat, Bouabdellah Tahri termine pour sa part 6e en 8'13''61, avec la mince consolation de devancer les trois Européens (Jimenez, Vroemen et Martin) qui l'avaient précédé à Munich.

Si Hicham El Guerrouj n'a pas régalé le public Zürichois d'un deuxième record du monde, il s'en est fallu de peu. Depuis le début de la saison, le roi des milers ne cesse de monter en puissance et avait lui aussi fait forte impression au meeting de Monaco (3'27''34). De retour dans son fief d'Ifrane, où il a préféré préparer le meeting de Zürich plutôt que de prendre part aux championnats d'Afrique de Tunis, El Guerrouj n'a certainement pas chômé. Plus affûté et motivé qu'il ne l'a jamais été, le triple champion du monde s'est approché à moins d'une seconde de son record du monde (3'26''89 contre 3'26''00). Pour ce qui est de son invincibilité et donc de sa part des lingots d'or, le Marocain ne semble pas devoir s'inquiéter puisque son plus solide contradicteur, Cornelius Chirchir, reste à quatre secondes. Son record, par contre, ne devrait plus tenir longtemps.









 
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