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    L'argent de l'athlétisme 
De Louis DOUCET, notre envoyé spécial à Edmonton  L'universalité selon Diack 

Lors de son 43e congrès, tenu en marge des Championnats du monde d'Edmonton, l'IAAF a définitivement abandonné le terme "amateur" de sa dénomination officielle. Une mesure symbolique qui en dit long sur les ambitions de l'institution.

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L'INTERVIEW DE LAMINE DIACK EN AUDIO
(La retranscription par écrit)

L'évolution de l'athlétisme est souvent considérée comme une dérive vers le "100% business". Comment l'IAAF compte se protéger contre ce danger, si c'en est un ? (windows / real)

La polémique autour de la modification des règles n'est pas terminée. Que répondez-vous à ceux qui la voient comme une abdication devant la puissance des télévisions ? (windows / real)

Les inégalités entre les athlètes sont de plus en plus grandes. Comment combler le fossé énorme entre les grandes stars et les autres ? (windows / real)

En tant qu'africain, la différence de traitement entre les athlètes du Nord et du Sud doit vous toucher de près ? (windows / real)

Vous citez souvent l'exemple du football. C'est un modèle de réussite pour vous ? (windows / real)








LE BUDGET DES CHAMPIONNATS DU MONDE EN INFOGRAPHIE

"Rendre l'athlétisme universel". Par la voix de son président, l'IAAF nouvelle version (soit International Association of Athletics Federations pour
Association Internationale des Fédérations d'Athlétisme) définit ainsi son objectif pour le troisième millénaire. Lamine Diack, plebiscité pour conserver la place qu'il occupe sur le trône de l'institution depuis novembre 1999 après le décès de Primo Nebiolo, est prêt pour le grand saut.

Résolument moderne, l'IAAF décide d'épouser au plus près les contours d'un monde où la puissance financière est la garantie du succès, quitte à en intégrer les perversions. Lamine Diack, l'ancien maire de Dakar, a bien la noble intention d'étendre l'athlétisme et les vertus de sa compétition à l'ensemble du continent africain. Mais les outils dont il dispose sont maigres.

 Universalisme ou mondialisation ?

L'idée de voir naître un circuit de meetings africains, par exemple à une période de l'année où la tournée européenne n'a pas commencée, parait en effet aussi illusoire qu'intéressante. Tout au moins si l'on espère qu'elle apporte des solutions aux difficultés des athlètes africains. Quel sponsor local pourrait investir massivement dans une réunion d'athlétisme à Abidjan ou Kinshasa, comme le fait par exemple Gaz de France à Paris ? Sans perspective de "retour sur investissement" sous une forme ou une autre, l'organisation de tels événements est plus que compromise.

Sans doute porteurs des valeurs de l'universalisme de l'athlétisme, Lamine Diack et l'IAAF risquent de se heurter à celles, purement économiques et contradictoires, de la mondialisation.

A Edmonton, Marion Jones et Maurice Greene ont été conviés à poser avec des enfants. L'universalité de l'athlétisme voulue par Lamine Diack se limite pour l'instant à l'Europe et à l'Amérique du Nord. Les stars de la piste sauront-elles impulser un développement vers l'Afrique ? (Photo Reuters)





 
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