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    Golden League - Bruxelles 
Louis DOUCET  Jones au rendez-vous 

Marion Jones sort victorieuse de sa double confrontation (100 m et 200 m) avec Zhanna Pintusevich, qui a montré une fois de plus ses capacités à accrocher l'Américaine. Stéphane Diagana a lui-aussi convaincu qu'il représentait un réel danger pour Felix Sanchez, tandis que Wilson Kipketer (800 m) et Sammy Kipketer (10 000 m) ont pris les rênes de leurs disciplines respectives.


Jones tient toujours / Diagana menace Sanchez / Baala convaincant / Les Kipketer en patrons


> Tous les résultats de la soirée >>>
> Technique et performance : le 3000 m steeple >>>

Marion Jones (Photo AFP)

Tim Montgomery (Photo AFP)



Felix Sanchez (Photo AFP)











Hicham El Guerrouj (Photo L'Equipe)














Wilson Kipketer (Photo AFP)

Sammy Kipketer (Photo AFP)
 Jones tient toujours

Avant le deuxième épisode des confrontations de l'été entre Jones et Pintusevich, l'Américaine avait pris soin d'évacuer le problème de la concurrence sur la ligne droite, prenant acte de sa large victoire lors de leurs retrouvailles londoniennes (10''97 contre 11''11). Pourtant, la double victoire de Jones à Bruxelles peut également être interprétée comme un double avertissement. Sur le 100 m, "Little Marion" s'est certes imposée avec un chrono intéressant de 10''88, mais elle doit son succés en partie à un meilleur cassé, sa principale rivale pointant à deux centièmes derrière elle. Une fois le stress de la première rencontre disparu, "Pintu" montre donc qu'elle peut être au rendez-vous dans une lutte directe, situation que Jones n'a plus tellement l'habitude de connaître.

Plus à l'aise sur 200 m, où elle a établi la meilleure performance mondiale de l'année (22''11), Jones a encore dû éliminer le danger Pintusevich (22''24) pour préserver son invincibilité. Invitée à jouer la spectatrice-arbitre de ce duel, Muriel Hurtis a naturellement mieux tiré son épingle du jeu sur le demi-tour de piste. Après un 100 m où son point faible a encore une fois été la mise en action (6e en 11''16), la Française a fait valoir son statut de championne d'Europe de la distance en prenant la 4e place, celle de meilleure européenne, devant Levorato et Gevaert. En 22''64, elle n'a pourtant pas pu décrocher une position de médaillable virtuelle, qui revient à la Bahaméenne Debbie Ferguson, dans cette réplique de finale mondiale.

Pour Maurice Greene, la fin de saison commence à virer au cauchemar. Après une cinquième défaite cette saison, l'Américain ne peut désormais plus être considéré que comme l'ex-Roi du 100 m, bien qu'il détienne toujours le record du monde (9''79) et la meilleure performance de l'année (9''89). Sur la piste du stade du Roi Baudoin, le pilier du HSI a dû se contenter d'une humiliante sixième place en 10''11. Et en l'absence de Dwain Chambers, Tim Montgomery reprend momentanément son rôle de prétendant numéro un à la succession en courant le 100 m le plus rapide de l'année (9''91). A partir du moment où les complexes par rapport au "Pitbull" commencent à s'évaporer, tout devient possible, et le compagnon d'entraînement de Marion Jones l'a bien compris : « Maintenant je crois en moi et cela paie. Je ne sais pas ce qui pourrait m'empêcher de devenir le numéro un mondial ». Peut-être Greene ?

 Diagana menace Sanchez

Le 400 m haies du meeting de Bruxelles a été beaucoup plus riche que prévu en enseignements pour l'avenir. Alors que l'on pouvait s'attendre à un énième défilé de Felix Sanchez le jour de son anniversaire et à une sortie difficile, comme à Zürich et à Londres, de Stéphane Diagana, le nouveau maître des haies basses s'est étrangement montré vulnérable. Surtout, c'est bien le récent champion d'Europe de Munich qui se positionne comme le seul capable de faire vaciller le Dominicain. En prenant la deuxième place derrière Sanchez, loin devant Joey Woody (3e en 48''39), et en menant toute la course jusqu'aux cinq derniers mètres avant la ligne d'arrivée, Diagana s'affirme comme le dauphin incontestable de Sanchez, à défaut de le surpasser.

Installé dans une position confortable dans les classements mondiaux avec deux des dix meilleures performances de l'année (cinq pour Sanchez), le Français dispose en tout cas d'un nouvel élément à prendre en considération pour décider de la poursuite de sa carrière jusqu'aux Mondiaux de Paris 2003. Sur le cas Sanchez, cette sixième victoire en Golden League de l'année est également instructive. Tout d'abord parce qu'il prouve, de la même manière qu'à Londres la semaine précédente, qu'il est aussi efficace « à la bagarre » qu'en solitaire. Ensuite parce que la part du jackpot à laquelle il prétendra la semaine prochaine à Berlin ne semble plus du tout assurée, surtout si Diagana retrouve sa forme de Münich.

 Baala convaincant

Hicham El Guerrouj, lui, n'a pas vraiment de raison de s'inquiéter au sujet du jackpot, la question étant plutôt de savoir avec combien d'athlètes il devra partager le magot. Parti pour une attaque de son record du monde, le Marocain a très vite oublié ses projets chronométiques en s'apercevant que les lièvres étaient beaucoup trop rapides. Grand finisseur et seul candidat crédible à une victoire face à El Guerrouj, Bernard Lagat a rarement semblé si proche de pouvoir accrocher le maître. Encore dans sa foulée à 150 mètres de la ligne, Lagat avait presque réussi à faire oublier que le roi des milers en gardait toujours sous la semelle pour les grandes occasions. Avec maîtrise, El Guerrouj plaçait donc un dernier effort pour boucler un nouveau 1500 m sous les 3'30''.

Pour Mehdi Baala, la barrière des 3'30'' semble encore loin, mais sa rentrée à Bruxelles après son titre européen de Munich est encourageante à plusieurs titres. En terminant cinquième derrière El Guerrouj et un triplé kenyan Lagat-Rono-Chirchir, il assoit sa domination en reléguant à la fois Silva (6e), Estevez (9e) et Higuero (10e), Fouad Chouki se classant 11e avec son meilleur chrono de l'année (3'33''93). Surtout, avec un très bon chrono de 3'32''03, à une demi-seconde du record de France de Driss Maazouzi, Baala confirme que sa gestion du calendrier de la saison a été la bonne : « Je suis satisfait d'être dans cette forme-là, c'est le deuxième temps de toute ma carrière alors que je n'étais pas sûr de courir aussi vite ». Encore un atout dont il aura besoin l'année prochaine pour préparer le grand rendez-vous des Mondiaux de Paris.

 Les Kipketer en patrons

Sur les deux distances les plus éloignées des courses de fond et demi-fond sur piste, soit le 800 m et le 10 000 m, les Bruxellois ont assisté aux succès de deux homonymes qui n'ont pourtant aucun lien de parenté et qui n'ont en commun que leur patrie d'origine et leur équipementier. Le plus vieux des Kipketer, Wilson, le Danois, a une fois de plus signifié son retour à tous les concurrents qui se félicitaient de son absence, qu'ils s'appellent Bucher, Borzakowski ou Czapiewski. Encore plus qu'à Monaco, où il avait réglé ses adversaires en 1'43''76, et qu'à Munich, où il s'était emparé du titre européen dans une course tactique, au métier, Kipketer s'est approché un peu plus de son record du monde en faisant imploser ses concurrents. Chrono final : 1'42''74, soit le plus rapide enregistré depuis le meeting de Bruxelles 2001 et la victoire du Russe Borzakovski (1'42''47), le troisième temps au total depuis 1999 !

L'autre Kipketer, Sammy, avait plutôt habitué les amateurs d'athlétisme à faire admirer son finish sur 3000 m et 5000 m avant de franchir un pas à Bruxelles, où il courrait pour la première fois de sa carrière un 10000 m sur piste dans une course internationale. Et pour un coup d'essai, c'est un coup de maître puisque le Kenyan, vainqueur en 26'49''38, prend une option sur la succession convoitée deson aîné Paul Tergat en rentrant dans le club très fermé des coureurs qui sont passés sous les 27'. Mieux, quelques mois après avoir amélioré la meilleure performance de tous les temps du 10 km sur route (27'11'', le 30 mars à la Nouvelle-Orlénas), Sammy Kipketer devient le cinquième performeur de tous les temps sur la piste derrière Haile Gebreselassié, Paul Tergat, Paul Koech et Salah Hissou. Et dire que ce jeune homme n'a (officiellement !) pas encore fêté ses vingt et un ans.



 
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