Après avoir infligé sa première
défaite (depuis septembre 1997) à Marion Jones en
demi-finale, Zhanna Pintusevich a récidivé une heure et demi
plus tard en finale pour s'offrir enfin le titre
suprême dans la ligne droite. La victoire de
l'Ukrainienne en demi-finale a eu une importance
primordiale sur le déroulement de la finale.
En effet,
pour la première fois, c'est elle qui est placée au
centre (couloir 4) avec ses rivales (Jones et Thanou) de
part et d'autre. Un avantage psychologique dont elle
profite à merveille. A l'inverse des hommes, le
premier départ est le bon. Dans cette phase très tonique,
Pintusevich jaillit la première et prend une demi-longueur
sur toutes ses rivales. Couloir 3, Marion Jones décolle
aussi très rapidement des "starts". De son côté,
la Grecque Ekaterini Thanou (couloir 5) piétine quelque peu
et se laisse distancer.
Au quart de la course, les trois
favorites se dirigent déjà vers le podium. Seule la
Bahaméenne Chandra Sturrup peut encore jouer les
trouble-fête. A mi-course, les positions sont figées.
Personne ne revient sur Zhanna Pintusevich. L'écart
créé au départ semble insurmontable. Aux 70 mètres, Marion
Jones tente une ultime accélération. En vain !
L'Américaine force, mais commence à se désunir. Pour
preuve, sa jambe droite ne travaille plus dans l'axe,
mais balance sur le côté à chaque cycle.
Dès lors,
la course est jouée. Zhanna Pintusevich remporte enfin sa
première médaille d'or sur l'épreuve reine. Battue
pour un centième par Marion Jones en 1997 à Athènes,
l'Ukrainienne prend une éclatante revanche. En Grèce il
y a quatre ans, Pintusevich pensait bien avoir course
gagnée. Elle coupa même la ligne bras levés, avant
d'entamer un tour d'honneur vite stoppé après
officialisation des résultats...
Cette victoire
n'est qu'une demie surprise car Marion Jones
s'est montrée beaucoup moins à son avantage cette
saison, malgré son invincibilité. Le podium est conforme aux
prévisions, Thanou, vice-championne olympique à Sydney,
prenant la médaille de bronze.